Direction d'acteurs

Le projet a débuté avec quatre personnages pour se finaliser avec dix-sept.
 
Suite aux audition et aux essais avec certains acteurs, et dû à l’intérêt que ces derniers ont démontrés, j’ai intégrer d’autres personnages qui ont su alimenter le film et le rendre encore plus vivant. En fait, après beaucoup d’efforts et de ténacité s’est installé une vague de création que je n’avais plus qu’à suivre tout en restant attentive, ce qui devenait la matérialisation organique du processus même du tournage. Disponibilité, discernement et présence, c’est ce qui a gouverné ma direction d’acteur et c’est ce qui a régit les acteurs dans leur travail.

Ce sont toutes ces raisons ce qui m’ont poussé à inventer “le bras canadien” (voir point sur l’aspect technologique) dont ma difficulté à filmer des acteurs de cinq pieds et dix alors que j’en mesure seulement cinq.

Lors du tournage je discutais de la scène avec les acteurs et je leur donnais certaines consignes concernant leur personnage, le thème de la scène à respecter et le but à atteindre : en fait, tout dépendait de leur propre création et de leur investissement personnel dans leur personnage. Tout ce qui n’est généralement pas permis au cinéma, le fut: « overlap », jouer de dos, déplacements imprévisibles, ce qui rend ce film très vivant et le jeu très naturel.

Ma formation de base étant celle du théâtre expérimental (Grotowski) où la présence de l’acteur et la vérité de celui-ci est le moteur du travail, j’ai conservé et développé cette façon de faire, que ce soit dans les ateliers que j’ai dirigés, les mises en scène que j’ai faites et même dans mes scénarios qui sont écrits avant tout pour les acteurs. Il était donc évident que pour ce film la technique cinématographique soit mise au service de l’acteur afin de lui donner l’espace et la liberté nécessaire pour que sa vérité puisse jaillir et s’exprimer.
 
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