Ce sont toutes ces raisons ce qui m’ont poussé à inventer “le bras canadien” (voir point sur l’aspect technologique) dont ma difficulté à filmer des acteurs de cinq pieds et dix alors que j’en mesure seulement cinq.
Lors du tournage je discutais de la scène avec les acteurs et je leur donnais certaines consignes concernant leur personnage, le thème de la scène à respecter et le but à atteindre : en fait, tout dépendait de leur propre création et de leur investissement personnel dans leur personnage. Tout ce qui n’est généralement pas permis au cinéma, le fut: « overlap », jouer de dos, déplacements imprévisibles, ce qui rend ce film très vivant et le jeu très naturel.
Ma formation de base étant celle du théâtre
expérimental (Grotowski) où la présence de
l’acteur et la vérité de celui-ci est le moteur du
travail, j’ai conservé et développé cette
façon de faire, que ce soit dans les ateliers que j’ai
dirigés, les mises en scène que j’ai faites et même
dans mes scénarios qui sont écrits avant tout pour les
acteurs. Il était donc évident que pour ce film la
technique cinématographique soit mise au service de l’acteur
afin de lui donner l’espace et la liberté nécessaire pour
que sa vérité puisse jaillir et s’exprimer.
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