Sylvie Legault - Graziella MossaSylvie Legault - Claire GagnonJacques Drolet  
Le processus créatifs
 
 
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Traitement


Deux formes de traitement ont été privilégiées dans ce film, soit le documentaire (la partie  « non-fiction » et la fiction (qu’on peut appeler : « faux réalisme »): toutefois le documentaire est utilisé ici, non en tant que partie réaliste du sujet traité mais plutôt comme prétexte à un élément alimentant la fiction.

La partie documentaire est fondée tant sur des témoignages réels que fictifs : d’une part certaines entrevues sont de vrais témoignages alors que d’autres témoignages même s’ils sont inspirés de faits vécus, sont joués par des acteurs. La marge entre la fiction et la réalité devient très mince: On ne peut se fier aux apparences.

En fait, toute la partie documentaire, tournée en plans fixes, devient la ligne narratrice du film. Par conséquent, elle alimente l’intrigue et permet de faire des recoupements de la réalité à de la fiction. Consciemment, le film est entremêlé de ces deux niveaux de formes, au point où l’on se questionne; à savoir qu'est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l'est pas.

Cette façon de faire est fortement inspirée d’une démarche en création théâtrale : un travail à partir de plusieurs niveaux de jeu, où les acteurs sont appelés à s’impliquer émotivement, à improviser en puisant dans leur vécu : un lieu où le personnage et l’acteur se côtoient , un jeu de transparence où l’on perçoit l’acteur à travers le personnage. Par cette démarche on peut arriver à un jeu plus véridique, moins théâtral, comme si c’était la vrai vie : plus près du « reality-show ».

L’application de cette démarche au niveau cinématographique se perçoit dans la confrontation de la fiction avec la « non-fiction » qui rend le film plus réel. La partie dite « fictive », devient plus vivante que la partie dite « documentaire ».

Afin de favoriser un jeu plus naturel, les acteurs étaient des personnes qui vivaient de près ou de loin le sujet de la crise de la quarantaine ou qui du moins avaient une réflexion sur le sujet. Chacun contribuant à alimenter son personnage à partir de son propre vécu ou en s’inspirant de ce qui se vivait autour de lui. Cette approche demandait aux acteurs un investissement total. Elle exigeait qu’à partir d’un scène à scène, l’acteur contribue à alimenter son personnage et son discours tout en ne sachant pas ce que les autres acteurs allaient investir (voir dire). Cette tension provoquée volontairement pendant le tournage a permis de développer des scènes complètes du film tout en prenant parfois une tangente inattendue mais toujours plus près d’un certain réalisme recherché.

La direction d’acteurs basée sur l’improvisation des dialogues a permis de procéder à un tournage assez rapide : 17 jours, échelonnés sur environ un mois et demi.

En conclusion, cet amalgame de fiction et « non-fiction » ainsi que le jeu improvisé des acteurs amène un style particulier au film qui s'est définitivement concrétiser dans le montage final.