Deux formes de traitement ont été
privilégiées
dans ce film, soit le documentaire (la partie « non-fiction
» et la fiction (qu’on peut appeler
: « faux réalisme »): toutefois le documentaire est
utilisé ici, non en tant que partie réaliste du sujet
traité
mais plutôt comme prétexte à un
élément
alimentant la fiction.
La partie documentaire est autant fondée sur des
témoignages
réels que fictifs : d’une part, il y a certaines entrevues qui
sont
de vrais témoignages basés sur des faits vécus par
la personne qui témoigne; d’autre part, certains
témoignages
même s’ils sont inspirés sur des faits vécus, ont
été
interprétés par des acteurs. La marge entre la fiction et
la réalité devient très mince, en effet on ne peut
se fier aux apparences car certains témoignages
réels
sont autant racontés par des acteurs connus (ayant vécus
eux-mêmes le phénomène du sujet) qui ont bien
voulus
contribuer à alimenter notre sujet par leur témoignage
direct
que racontés par des
« non-acteurs » qui sont aussi de réels
témoins.
En fait, toute la partie documentaire, tournée en plans fixes, sert à alimenter l’intrigue afin que l’on puisse faire des recoupements avec la réalité de la fiction. Consciemment, le film est entremêlé de ses deux niveaux de formes, au point où l’on peut se questionner, à savoir qu'est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l'est pas.
Cette façon de faire est fortement inspirée d’une démarche en création théâtrale : un travail à partir de plusieurs niveaux de jeu, où les acteurs sont appelés à s’impliquer au niveau émotif, à improviser en puisant dans leur vécu, : un lieu où le personnage et l’acteur se côtoient , un jeu de transparence où l’on perçoit l’acteur à travers le personnage. Par cette démarche on peut arriver à un jeu plus véridique, moins théâtral, comme si c’était la vrai vie : plus près du « reality-show ».
L’application de cette démarche au niveau cinématographique se perçoit dans la confrontation de la fiction avec la « non-fiction » qui rend le film plus réel. La partie dite « fictive », devient plus vivante que la partie dite « documentaire ».
Afin de favoriser un jeu plus naturel, les acteurs étaient des personnes qui vivaient de près ou de loin le sujet de la crise de la quarantaine ou qui du moins avaient une réflexion sur le sujet. Chacun contribuant à alimenter son personnage à partir de son propre vécu ou en s’inspirant de ce qui se vivait autour de lui. Cette approche demandait aux acteurs un investissement total. Elle exigeait qu’à partir d’un scène à scène, l’acteur contribue à alimenter son personnage et son discours tout en ne sachant pas ce que les autres acteurs allaient investir (voir dire). Cette tension provoquée volontairement pendant le tournage a permis de développer des scènes complètes du film tout en prenant parfois une tangente inattendue mais toujours plus près d’un certain réalisme recherché.
La direction d’acteurs basée sur l’improvisation des dialogues a permis de procéder à un tournage assez rapide : 17 jours, échelonnés sur environ un mois et demi. Cette façon de faire permet de vivre en temps réel autant chez les acteurs que par la suite chez les spectateurs : un sujet d’actualité, se manifestant au moment présent dans la société.
En conclusion, cet amalgame de fiction et « non-fiction » ainsi que le jeu improvisé des acteurs amène un style particulier au film qui définitivement se concrétisera dans le montage final.
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